Fès: Un nouveau procédé pour dépolluer l'oued Sebou
Fès: Un nouveau procédé pour dépolluer l'oued Sebou
Fès: Un nouveau procédé pour dépolluer l'oued SebouLes dernières en date sont ceux de la société Biovalor, unité de traitement basée à Fès. Ils rappellent, l'olivier constitue la principale espèce fruitière plantée au Maroc, soit plus de 57% de la superficie arboricole totale.
La trituration des olives produites se fait principalement dans des unités traditionnelles dont le nombre dépasse actuellement les 16.000 unités. Le reste est traité dans des unités modernes et semi-modernes qui sont au nombre de 287, selon les dernières données du ministère de l'Agriculture. La région de Fès constitue le premier pôle de production d'huile d'olive au Maroc avec 42% des unités industrielles et 18% des maâsras (pressoirs).
Ces unités produisent chaque année environ 100.000 m3 de margines. Effluents qui posent un sérieux problème lors de leur évacuation sans traitement préalable vers des milieux naturels tel que les cours d'eau et les eaux souterraines. Les eaux réceptrices deviennent en effet fortement chargées en matières organiques et en polluants, et perdent leur capacité à s'auto-épurer (présence de substances inhibitrices tel les composés phénoliques des margines, tannins et acides gras libres). Ce résidu ne peut pas être rejeté dans les égouts; de fait, l'évacuation des margines, sans aucun traitement préalable, provoque le blocage du processus de potabilisation des eaux usées.
En plus, les margines ont généralement de fortes charges salines dues aux ajouts importants de sel pour la conservation des olives. «Ces caractéristiques confèrent aux margines une pollution au moins 100 fois plus importante plus que celle des eaux usées urbaines», explique le professeur Benlemlih, consultant de Biovalor. Et d'ajouter que, parmi les cours d'eau les plus atteints, figure l'oued Sebou. Incontournable en matière d'alimentation en eau potable, le Sebou est devenu un lieu de concentration des polluants les plus divers. «On y a même constaté la réduction, voire même l'absence d'oxygène dissout sur des centaines de kilomètres.» Dans la perspective de sauvegarder la qualité des ressources en eau et d'assurer la pérennité de l'approvisionnement en eau potable et industrielle, il est devenu primordial d'identifier des solutions viables, des points de vue économique et environnemental, du traitement et de la valorisation de margines.
En vue de proposer des solutions adéquates, la société Biovalor a investi plus de 2 millions de DH dans cette unité sise dans le quartier industriel de Sidi Brahim.
Depuis sa création, elle s'est spécialisée en recherche dans le domaine des traitements des eaux usées. Aujourd'hui, elle est dotée d'un laboratoire d'analyse, une chaîne froide pour le stockage des margines, et deux machines de traitement et de valorisation. «Nous avons obtenu une licence d'exploitation du brevet Cirad pour le traitement et la valorisation des margines et réalisé notre propre brevet Biovalor pour l'extraction d'un puissant antioxydant, l'hydroxytyrosol», indique Abelwahab Alami, gérant de la société. Ce dernier précise aussi que le procédé Cirad, consiste à ajouter un polysaccharide aux margines, puis à atomiser le mélange pour obtenir une poudre contenant les composés phénoliques encapsulés à l'intérieur de la structure du polymère. Si cette opération est coûteuse, elle est néanmoins efficace et permet en même temps de traiter les margines en récupérant une eau utilisable dans l'agriculture. Pour ce qui est du deuxième procédé, il fait appel à la biotechnologie, et particulièrement à des méthodes d'extraction et de purification simples et rapides permettant d'obtenir différents types d'antioxydants naturels. «Et l'on connaît l'intérêt des antioxydants pour la santé humaine», souligne le Pr Benlemlih. Et d'ajouter que cette méthode diminue également la dégradation des denrées alimentaires et des produits cosmétiques. Donc, d'une part le traitement des margines représente une opération rentable, et d'autre part un grand apport environnemental pour le Maroc qui doit relever dans les années à venir un important défi lié aux ressources hydriques.
Reste à signaler que le traitement des margines de Fès, en grande quantité (10 tonnes par jour), nécessite au moins 70 millions de DH. La rentabilité annuelle est estimée par Biovalor à 15% du total des investissements. Il serait, en outre, judicieux de souligner que, par rapport au autres procédés proposés actuellement, celui-ci donne une solution définitive et valorisante à ces résidus.
Source : L'Economiste



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