Les industries minières ne font plus grise mine
Dans un environnement favorable, l'activité minière continue de confirmer son affermissement conjoncturel à un rythme plus soutenu
Dans un environnement favorable, l'activité minière continue de confirmer son affermissement conjoncturel à un rythme plus soutenu. Bien qu'évoluant toujours en dessous de leurs niveaux tendanciels de moyen terme, les productions du plomb, du zinc et du cuivre ont vu certains de leurs indicateurs évoluer dans le vert. Des performances qui ont été réalisées sur fond de la poursuite de l'affermissement de leurs prix à l'export.L'indice des cours internationaux des principaux métaux exportés a, en effet, augmenté de 38,9%. Au troisième trimestre 2011, les préoccupations au sujet des perspectives du ralentissement économique mondial ont été à l'origine de l'inflexion des cours des métaux. L'impact de ce retournement serait probablement ressenti au niveau des activités locales d'extraction, orientées à hauteur de 70% vers l'export, d'autant plus que la branche reste soumise aux mêmes difficultés que durant les années précédentes, notamment la baisse des teneurs dans certains gisements et la non-stabilité des terrains exploités.Pour rappel, avec une augmentation de 2,3%, la valeur ajoutée minière a marqué, au deuxième trimestre 2011, un retour vers des rythmes de croissance plus modérés, après avoir crû de près de 14% et 18,8%, au cours des deux trimestres antérieurs. Selon le HCP (Haut commissariat au plan), «cette évolution traduit la fin de la phase de rattrapage, qui a succédé à la forte chute de la production des minerais non métalliques, enregistrée à fin 2008 et début 2009».Dans ce sillage, la production de phosphate brut conserverait son évolution modéré en 2011. Portée par la dynamique des ventes destinées aux industries locales de transformation, cette activité pourrait afficher une progression respective de 2,4% et 1,9%, aux troisième et quatrième trimestres. «Le besoin de booster la production agricole mondiale, en réponse à une demande en nette progression, continuerait de stimuler leurs échanges internationaux». Néanmoins, ce sont les dérivés du phosphate qui verraient leurs exportations s'améliorer le plus (+4,9%, en variation annuelle, au troisième trimestre). La demande serait particulièrement forte dans les pays de l'Est et du Sud de l'Asie et de l'Amérique Latine, alors que les importations des pays de la zone euro pourraient connaître une probable inflexion.S'agissant des autres minerais, leur activité d'extraction a connu un mouvement sensible de reprise au cours du premier semestre 2011. Pour rappel, l'extraction de ces minerais, notamment celle du phosphate brut, avait fortement augmenté au cours de la première moitié de 2010, sous-tendue par une progression de leurs exportations (+101,1%, en variation annuelle). Outre l'effet de base mécanique, elles avaient particulièrement profité du redressement de la demande internationale des fertilisants en engrais phosphatés. Sur l'ensemble de l'année 2011, les activités phosphatières bénéficieraient de la vigueur des échanges internationaux des fertilisants. L'utilisation mondiale des engrais ne semble pas encore être affectée par les récentes turbulences financières et les craintes de développement de la crise de la dette aux États-Unis et en Europe.C'est ainsi que tout au long du premier semestre 2011, les prix agricoles ont continué à être attractifs, incitant les agriculteurs à maximiser les rendements et soutenant, de façon plus ferme, le raffermissement de la demande et des prix des engrais. Au deuxième trimestre 2011, les cours internationaux du phosphate brut et du DAP (Diammonium Phosphate) se sont appréciés de 46% et 34,7%, respectivement, en variations annuelles. Leurs niveaux restent, toutefois, en dessous des sommets atteints en 2008, mais les perspectives de croissance laissent augurer une poursuite de leur trend haussier d'ici la fin 2011 et début 2012. Ainsi, il est prévu une hausse de la production mondiale du phosphate et dérivés à l'horizon 2013, tirée principalement par le Maroc grâce aux grands projets de développement de la capacité de production lancés par le groupe OCP, par la Chine et par l'Arabie saoudite à travers son grand projet «Jalamid» qui devrait lui permettre de se positionner parmi les principaux exportateurs mondiaux d'engrais (DAP). Le programme de l'OCP vise essentiellement une meilleure valorisation du phosphate brut, le doublement de la capacité de production de la roche pour atteindre 50 millions de tonnes par an, la commercialisation du produit à travers la transformation du site de Jorf Lasfar en un hub international de la chimie des phosphates (Jorf Phosphate Hub), ainsi que la réduction des charges et des coûts à travers notamment l'adoption d'un nouveau mode de transport «Slury pipe».Sur un autre plan, l'Office conforte son positionnement à l'international. Le groupe et Yara international, leader mondial des engrais azotés et acteur majeur de la distribution d'engrais au Brésil, vont créer un partenariat global. L'Office chérifien devra livrer le phosphate nécessaire à la production d'engrais de cette unité et s'appuiera sur le terminal et les capacités de stockage pour accroître la disponibilité d'engrais phosphatés dans la région.À la conquête du Rio Grande
Avec Yara international, l'OCP prendra une participation de 50% dans un complexe industriel et portuaire à Rio Grande (Sud du Brésil) qui comprend une unité de production d'engrais phosphatés, le plus grand terminal d'engrais de la région, ainsi que des capacités de stockage d'engrais. Le groupe signera, en outre, un accord sur le long terme de livraison de phosphate aux unités européennes de production d'engrais de Yara. Cet accord pérennisera une partie des revenus de l'OCP tout en soutenant la production d'engrais de Yara en Europe. L'accès portuaire au Brésil joue un rôle clé dans la stratégie de l'OCP dans cette région et offre une nouvelle base pour lui permettre de mieux servir ses clients brésiliens, ajoute le communiqué. L'OCP, un des leaders mondiaux dans le domaine de l'extraction de la roche de phosphate et de la production des produits dérivés, est le premier exportateur dans le monde de phosphate et d'acide phosphorique et l'un des principaux exportateurs d'engrais à base de phosphate.Source: LE Matin



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