Fès actualités: Fès se met au vert Fès se met au vert ================================================================================ redaction on 26/04/2010 22:00:00 La région Fès-Boulemane s'est mise au vert tout au long de la semaine dernière pour célébrer le 40ème anniversaire de la Journée de la Terre, parrainé cette année par le Maroc. Animations, conférences, expositions, projections de films et de documentaires et plantations d'arbres ont ponctué les activités de plusieurs organismes, autorités locales et établissements d'enseignement pour célébrer la Terre et la Nature et sensibiliser à la protection de l'environnement. La Direction Régionale des Eaux et Forêts Et de la Lutte Contre la Désertification de Fes-Boulemane (DREFLCD-FB) a organisé les 17, 18 et 19 avril 2010, des actions d'information et de sensibilisation autour de trois thématiques distinctes qui sont liées à la protection de l'environnement. Il s'agit de la promotion de modes d'organisation du parcours en forêt pour la protection des mises en défense ; la promotion des techniques de conservation des eaux et des sols au niveau des bassins versants ; l'organisation des opérations de plantation d'arbres, des sorties éducatives et de nettoiement au niveau des forêts urbaines et périurbaines. «Pendant ces trois jours plusieurs manifestations ont été organisées à Sefrou, Fès et Boulemane. Elles portent entre autres sur la promotion des techniques de conservation des eaux et des sols au niveau des bassins versants, la communication autour des forêts urbaines et périurbaines et sur le rôle de la gestion participative et durable des forêts et des parcours forestiers menées par le HCEFLCD. Nous avons aussi organisé des visites de terrain et des opérations de plantations d'arbres forestiers », indique Mbarek Ziat, directeur régional de la DREFLCD-FB. L'Académie régionale d'Education et de Formation de Fès –Boulemane a de son côté organisé avec différents établissements scolaires, ateliers, journées éducatives sur l'environnement et plantations d'arbres. Il y a eu aussi création de clubs d'environnement au sein de ces écoles pour impliquer le citoyen de demain dans le respect et la préservation de la nature. L'Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès a célébré la Journée de la Terre par l'organisation des journées d'Etudes avec la participation des experts en la matière de l'Agence du Bassin Hydraulique de Sebou et de l'université et du privé. Les interventions ont porté entre autres sur le projet pilote de dépollution de oued Aggay de Sefrou et sur les différentes actions de sensibilisation proposées par les établissements de l'Université tels le traitement des déchets industriels, les énergies renouvelables, eau, sol et biodiversité. L'institut de l'Hôtellerie et du Tourisme Anas Fès ITHT a pour sa part marqué sa participation à la célébration de la Journée de la Terre par l'organisation de conférences portant entre autres sur l'environnement et le développement durable et les enjeux : Environnement d'Eau Economique et Sanitaire liés à l'Utilisation des Eaux Usées en Agriculture. «Le Maroc s'est engagé à élaborer une charte nationale pour l'environnement et développement durable et qui est une première en Afrique et dans le monde arabe. Il y a eu le lancement sur instruction de S.M. le Roi d'un ambitieux projet de plantation d'un million de palmiers aussi. La ville de Rabat a été choisi comme hôte pour célébrer la journée de la terre, autant d'actions qui marque l'engagement de notre pays dans la préservation de l'environnement. Partant de là, le ministère du Tourisme a organisé un séminaire sur l'eco Tourisme à Rabat les 21 et 22 avril et a incité tous les instituts du tourisme dont celui de Anas Fès à fêter cette journée», explique Mohamed Jaouad Boumediane, directeur de l'ITHT de Fès. Ceci étant, Abdelhay Raïs, président du forum régional des initiatives environnementales souligne qu'il ne faut pas être très optimiste. Les différentes actions en faveur de la protection de l'environnement ne doivent pas être occasionnelles. «Aujourd'hui, la charte nationale de l'environnement et le développement durable ne peut se réaliser qu'à l'aide d'une volonté collective et d'une conscience profonde des notions écologiques, ainsi la création voire l'application d'un code de l'environnement, rassemblant toutes les lois relatives à la problématique, s'avère nécessaire, et dans ce cadre -pourquoi pas- prévoir une police écologique», explique t'il. Et là il y a de quoi faire réfléchir…---------------------------------------------------------------------QUESTIONS à: Abdelhay Raïs, président du forum régional des initiatives environnementales. «La Moyenne D\'espaces Verts Ne Dépasse Pas 1m2/ Habitant à Fès» • QUEL RôLE JOUE LE FORUM RéGIONAL DES INITIATIVES ENVIRONNEMENTALES DANS LA PROTECTION DE L\'ENVIRONNEMENT \' Notre organisme se penche sur la protection de l'environnement, à l'échelle locale, régionale et nationale. Le forum consacre depuis 2005 un prix pour la meilleure initiative environnementale. Et depuis 2008, le forum offre 12 prix pour les brillantes initiatives. Nous dénonçons également la participation de la ville de Fès à la pollution du Sebou par 40%. Pourcentage honteux mettant certaines activités artisanales et industrielles de Fès en tête des causes de la pollution et la dégradation de Sebou. Nous ne cessons d'ailleurs de réitérer nos appels pour toutes les unités industrielles et touristiques aussi bien de la ville de Fès que des autres villes de penser sérieusement à recycler leurs rejets. • LE FORUM A CéLéBRé LA JOURNéE DE LA TERRE PAR L\'ORGANISATION D\'UNE CONFéRENCE SOUS LE THèME : «LA VILLE VERTE, NéCESSITé D\'AUJOURD\'HUI ET DE DEMAIN ». QUEL EST VOTRE MESSAGE \'Le forum toujours soucieux de la problématique environnementale, a profité des célébrations nationales de la Journée de la Terre pour proposer le projet de la conférence qui a vu le jour grâce à la coopération de la wilaya de Fès. La conférence a donc jeté la lumière sur la notion de la ville verte, ses normes et standards internationaux et sur les expériences des pays leaders dans le domaine. La Suède, par exemple, a réussi à créer une ville verte exemplaire qu'elle a nommée MALMÖ. Cette ville suédoise rime avec la nature dans un respect total des critères écologiques à savoir : Moyens de transports propres, traitement de déchets, utilisation d'énergies renouvelables, et zones résidentielles bien organisées, du coup toute l'Europe s'est mobilisée afin se doter de villes pareilles. Le Maroc, de sa part, a accepté le challenge en lançant les travaux de construction de la ville verte Mohammed VI à Benguérir sur une superficie de 650 hectares. Et donc nous croyons qu'il serait encore plus facile d'adapter nos villes actuelles à la nature, plutôt que d'adapter la nature à nos villes, pour atteindre l'objectif de cités durables en accord avec le développement, respectant l'environnement. Et ce, pour privilégier la qualité de vie des habitants. • QUEL EST L\'AVENIR DES ESPACES VERTS à FèS DEVANT L\'EXPANSION URBAINE ANARCHIQUE QUE CONNAIT LA VILLE SUR LE COMPTE DES TERRAINS AGRICOLES \'En tant qu'ancien conseiller communal (1983-1992) et durant les mandats que j'ai passés au sein de la commune, cette dernière militait à l'époque pour préserver l'environnement local en le mettant au centre de ses occupations par la mise en œuvre d'une approche participative qui consiste à réserver un jardin pour chaque quartier. L'exploit a été vraiment réalisé, et les jardins des quartiers Ben debab ou encore saâda en sont témoins. Une telle initiative pouvait assurer les 10m2 d'espace vert/habitant, moyenne exigée par la communauté internationale, mais malheureusement non considérée par nos dirigeants. C'est désolant d'entendre le représentant de l'agence urbaine déclarer que la moyenne à Fès ne dépasse pas 1m2/ habitant. Le conseil actuel -et même son précédent- adopte une autre stratégie, celle de vendre les poumons verts de la ville, notamment les forêts d'Oued Fès et le champ de course, sans parler de la ceinture verte jadis prévue autour de la ville sur 20 mille hectares, rêve déjà évaporé. Les dirigeants actuels sont plutôt accaparés par la politique de façade, laquelle se résume en l'entretien de la prestigieuse avenue Hassan II et la construction de nouveaux ronds-points et fontaines. Devant la croissance du nombre des habitants et le retrait des espaces verts en faveur de l'expansion architecturale, la ville verte s'avère l'unique solution pour une vie saine.PROPOS RECUEILLIS PAR MOUHCINE BOURKIZA (JOURNALISTE STAGIAIRE) Source: Le Matin