Fès actualités: Plus de 4000 maisons menacent ruine Plus de 4000 maisons menacent ruine ================================================================================ redaction on 25/04/2010 22:00:00 Alors que le drame de l'effondrement du minaret de la mosquée Bab Berdieyinne ronge encore les cœurs des Meknassis, la série des effondrements des maisons vétustes n'est pas prête à prendre fin. En effet, hier et avant-hier, la ville impériale de Fès a été le théâtre de nouveaux effondrements. Si celui d'hier, qui s'est produit à Zkak Rouah vers 7 heures du matin n'a pas fait de dégâts, celui d'avant-hier a été dramatique. En effet, cet effondrement qui a eu lieu dans la rue Abdlakrim Tarafine au quartier Chrabliyine, à 21 heures, a provoqué la mort de 5 personnes. Les victimes sont une mère âgée de 39, sa fille (8 ans) et ses deux fils (9 et 3 ans) ainsi que leur voisine. Seul le père a échappé à la mort. Ces victimes ont été, dans un premier temps, retrouvées vivantes sous les décombres et ont succombé à l'hôpital. Notre correspondant sur place nous a également parlé de six autres personnes grièvement blessées, hospitalisées à l'hôpital Ghassani du centre hospitalier universitaire (CHU) Hassan II. Les opérations de secours menées par les éléments de la protection civile en coordination avec les autorités locales se sont achevées. La maison composée de R+3 et habitée par quatre ménages «était en état de vétusté avancée», selon les responsables. Les voisins des victimes soulignent par ailleurs que cette maison avait bénéficié du programme de réhabilitation de la médina de Fès. C'est ce que va élucider l'enquête ouverte pour mettre au clair les circonstances exactes de cet effondrement. Cependant, les habitants craignent que cela se produise de nouveau. C'est ce que laisse redouter le nombre important des maisons menaçant ruine. Ces bâtisses sont estimées à quelque 4000 maisons dont 1850 sont à haut risque (1500 sont situées au médina de Fès et 350 au Mechouar de Fès). D'autres anciennes médinas dans différentes villes vivent également un problème identique. Mais il y a un manque de données chiffrées à ce niveau. Ainsi, les efforts déployés par l'Agence pour la dédensification et la réhabilitation de la médina de Fès (ADER ) restent insuffisants. Cette agence a effectué entre 2004 et 2005 des opérations pour soutenir les fondations des constructions en état de délabrement, d'autres opérations en 2007… Mais le problème reste toujours posé. Les responsables de l'agence estiment que cela est lié au manque d'entretien de ces maisons. Ce qui est favorisé par le fait que 70% de ces constructions sont occupées par des locataires. Pour l'année 2010-2011, l'ADER programme un plan d'intervention qui concerne 500 bâtiments. Elle agit en partenariat avec le conseil de la ville de Fès. Dans ce cadre, une commission de vigilance et de gestion des risques est constituée. Cependant, cela n'a pas empêché le dernier drame. L'Agence met en avant «le manque de moyen et la complexité d'intervention ainsi que la rareté d'architectes spécialisés dans la restauration des constructions historiques». Il est à rappeler que le projet de réhabilitation de la médina de Fès bénéficie d'une enveloppe de 120.366.000 DH. Une partie du projet a été exécutée par la commune urbaine de Fès (60.973.000 DH) et l'autre partie par l'ADER (59.393.000 DH). L'aide à la réhabilitation totalise un montant de 8.864.000 DH, destinée à la population démunie de la médina de Fès dont les logements ont été jugés critiques ou en stade avancé de détérioration et menaçant ruine. Cette aide a pris au début la forme financière à concurrence de 30% des coûts d'aménagement de la bâtisse (c'est-à-dire que le propriétaire devait supporter 70% du coût d'aménagement). Puis elle s'est changée, avec l'accord de la Banque mondiale, en aide sous forme de matériaux de construction et de main-d'œuvre spécialisée. La main-d'œuvre non spécialisée étant à la charge du bénéficiaire de l'aide.Par ailleurs, les opérations d'étayage et de soutien des fondations par du bois, une autre action de l'ADER, ont été critiqués par des associations locales de la médina. Elles l'ont été aussi dans le cadre du rapport de la Cour des comptes qui a estimé que «c'est une solution qui permet de régler provisoirement les menaces de ruine des bâtisses au sein de la médina de Fès. Toutefois, ces étaiements sont encombrants et dérangeants. Ils constituent, d'ailleurs, un danger potentiel du fait de l'usure que subit le bois». Réponse De L\'ADER En réponse aux critiques formulées au sujet du recours à l'étaiement par du bois pour soutenir les fondations en délabrement, l'ADER estime que c'était une opération qui a eu du succès. Selon elle, chaque année la médina de Fès connaissait des effondrements qui engendraient en moyenne 5 victimes. L'Agence a recouru en 2004 à cette manoeuvre pour empêcher la perte des vies humaines. Ainsi, une campagne d'étayement a été décidée. «En l'espace de 6 mois, près de 1200 opérations d'étayage ont été réalisées à raison de 200 opérations par mois. Depuis cette date, on n'a constaté ni effondrement significatif, ni victime. La Médina de Fès a été sécurisée provisoirement pendant 4 années», répond l'Agence notamment aux rédacteurs du rapport de la Cour des comptes. Source: Le Matin