Fès actualités: L'UPM relancée à Fès - Economie - L'UPM relancée à Fès - Economie - ================================================================================ redaction on 05/09/2011 22:00:00 Une semaine après la clôture du forum de Fès sur l'Union pour la Méditerranée (UPM), Abdelhak Azzouzi, président de la manifestation, étale son bilan. Selon lui, tous les observateurs sont unanimes à dire que ce forum était un grand succès. A l'image de la première édition, la deuxième version a été une nouvelle fois parfaitement organisée et gérée dans les moindres détails. De fait, il a pu réunir en l'espace de trois jours d'éminentes personnalités d'ici et d'ailleurs, des politiques, des décideurs, des acteurs sociaux et intellectuels de divers horizons et sensibilités. Il a le mérite de relancer les échanges autour d'un projet inédit et historique dans la région de la Méditerranée, un projet qui illustre le sentiment d'un destin commun et la volonté d'uvrer pour un meilleur avenir. Pour bon nombre d'intervenants, le projet de l'UPM a constitué une belle opportunité de s'associer dans des partenariats et des projets de coopération à haute valeur ajoutée, de s'ériger en acteur actif et influent sur la scène internationale, et de calmer une fois pour toutes les tensions et les agitations. La Méditerranée, comme le note Azzouzi, étant l'espace géopolitique qui connaît le plus de conflits et de remous. Tout le monde a été mobilisé pour 'uvrer et batailler pour relever les défis régionaux relatifs notamment à la sécurité, à l'éducation, à la santé, à l'environnement et à l'économie.D'ailleurs, la déclaration finale de Fès a noté que la future université euro-méditerranéenne, bénéficiant de parrainages prestigieux de dizaines de pays ayant participé à la décision de sa création, située dans l'une des villes les plus réputées et bénéficiant d'une tradition d'enseignement supérieur parmi les plus anciennes du monde, va disposer de très nombreux atouts. Des atouts qu'il faudra valoriser, en outre, cela va susciter de grands espoirs qu'il conviendra de ne pas décevoir.Il appartiendra à cette université de s'affirmer comme un centre de congrès et de recherche sur les problèmes économiques, sociaux, culturels, religieux que posent la cohabitation et le développement des nations entourant la Méditerranée, avec un double risque: celui de rester à la surface des problèmes et de ne pas répondre aux interrogations du monde moderne, et celui de devenir un lieu de monologues polémiques générateurs de blocages. L'on peut faire confiance à l'équipe dirigeante de la future université pour résoudre cette gageure.Cette équipe devra en outre inventer de nouvelles formations, de nouveaux programmes et de nouvelles pédagogies aptes à mettre au service de cette vaste zone que constitue l'Euroméditerranée les diplômés les plus adaptés. Les participants sont allés plus loin en demandant la création d'une académie méditerranéenne de sport qui serait attachée à la future université euro-méditerranéenne de Fès. Ils ont souligné que la crise mondiale a aujourd'hui des effets relativement atténués sur les pays méditerranéens partenaires de l'Europe. Cela est dû au fait que les banques sont peu exposées à la crise internationale. Et ce qui pouvait paraître comme un handicap, à savoir l'existence de taux de changes semi-fixes, la non convertibilité du compte de capital, la faiblesse des investissements de portefeuille, la faible présence des banques étrangères, leur a évité d'être impliquées dans la crise bancaire systémique. Mais le choc de la crise va très certainement se manifester au cours de 2009 et en 2010 avec la dépression mondiale, et, en particulier, européenne. «Ce choc passera par quatre canaux principaux, les exportations qui vont souffrir de la baisse de la demande interne européenne, le tourisme, les revenus des travailleurs immigrés qui enregistrent directement la montée du chômage en Europe et les entrées d'investissements directs», explique Azzouzi. Mais que peut faire l'UPM' En l'état actuel, pas grand-chose compte tenu de son enlisement, provisoire. Mais une fois lancée, sans doute beaucoup. Dotée d'une banque de développement spécialisée qui pourrait être la Femip transformée en filiale de la BEI, elle pourrait aider à la gestion du choc de demande, favoriser des projets d'investissements lourds dans les infrastructures, développer des politiques sociales et de formation intégrées pour gérer les ajustements, favoriser la mobilité par la reconnaissance des qualifications sur une base régionale, etc. «Je ne suis pas certain que les pays du Sud, focalisés sur les relations bilatérales qu'ils ont avec l'Europe dans le cadre des accords d'association et sur leurs propres divergences, aient bien compris l'intérêt qu'il y aurait à faire valoir un point de vue commun», souligne Azzouzi. Et cela, sur un certain nombre de questions qui les concernent tous dans un cadre de co-décisions où ils ont véritablement la possibilité d'avoir plus de pouvoir.Questions en suspens Les participants ont demandé l'ouverture des frontières entre le Maroc et l'Algérie qui constituent un bloc essentiel de l'échiquier du processus méditerranéen, en vue de donner aux deux peuples et aux pays du Maghreb la liberté de circulation des biens et des personnes.Enfin, les participants réitèrent leur appel à une solution définitive du problème israélo-palestinien.Ils sont convaincus que la résolution de ce problème sur la base de l'initiative arabe contribuera de manière importante à l'instauration de la paix et de la sécurité dans la région du Moyen-Orient, dans toute la Méditerranée et dans le monde, et cela à travers la création d'un Etat palestinien indépendant, viable, sur la base des résolutions de l'ONU et sur les frontières de 1967.Saad AlamiL'Economiste Source: MAP