Fès actualités: Mettre de l'ordre dans le désordre du tissu urbain Mettre de l'ordre dans le désordre du tissu urbain ================================================================================ redaction on 24/04/2010 22:00:00 Au rythme où évoluent les choses, dans quelques années, la carte du Maroc s'enrichira de villes nouvelles. A l'instar de nombreux pays européens, le Maroc s'est lancé dans une politique de création de villes nouvelles. En Europe, le Royaume-Uni a été un précurseur. A partir des années 1950, le gouvernement britannique avait lancé la création d'une trentaine de villes nouvelles :. Les Pays-Bas ont à leur tour promu les nouvelles villes à partir du milieu des années 1960. En France les villes nouvelles qui fêtent leurs trente et quarante ans ont été planifiées dans l'objectif d'organiser la croissance des grandes agglomérations et de mettre fin à l'image du «Paris et le désert français». Elles ont été pensées comme une politique nationale, conduite par l'Etat, avec une vocation d'aménagement du territoire. C'est la DATAR (délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale) qui dans les années 1960, et pour «équilibrer le territoire» et éviter le trop plein développement des grandes métropoles tels que Paris, Lille ou Lyon qui concentraient la croissance du pays lance les villes nouvelles. De même, il existe des villes nouvelles en Suède, en Finlande, en Espagne, etc., C'est le même phénomène d'urbanisation que l'on observe au Maroc. Dans quelques années en effet, la carte du Royaume s'enrichira de villes nouvelles comme Tamesna, ville satellite de Rabat, Tamansourt ville satellite de Marrakech, bien avancées sur le plan de la réalisation assurée par le Holding public Al Omrane, Tagadirt à Agadir, Laroui à Nador Melloussa à Tanger, Fès Saiss prés de Fès et Al Mansour Zenâta dans le prolongement de Casablanca et de Mohammedia. La première tranche des travaux de Zenâta a été lancée hier par le Souverain, la maîtrise d'ouvrage de la ville étant assurée par une des filiale de la CDG, Dyar El Mansour. Ces nouvelles villes répondent en fait à des impératifs majeurs : apporter une réponse à l'exode rural, faire face au besoin croissant des populations en matière d'habitat contribuer à l'éradication des bidonvilles et dans le cas de Zenâta être un moteur de développement de la métropole économique notamment dans les métiers des services et de la logistique et dans l'accueil des entreprises. Ses atouts sont considérables en terme de proximité des grands pôles urbains, d'accessibilité par voie routière et ferroviaire, en terme de la disponibilité du foncier même si l'apurement de litiges a pris du temps. La capacité d'attraction économique et l'équilibre entre le logement et les possibilités d'emplois constituent d'autre part un atout important. La croissance maîtrisée soulignée par Taoufik Hjrira qui a, mis l'accent sur l'aspect environnement et paysager donnera un souffle nouveau à ce grand pôle. Ces projets, il faut le signaler sont des opérations extrêmement complexes qui nécessitent l'intervention de la puissance publique, notamment pour réaliser le Schéma Directeur d'Aménagement et d'Urbanisme qui est une compétence de l'Etat ; celui-ci exige des moyens et des outils, des savoirs faire et des partenariats importants. Paul Delouvrier, qui supervisait en France l'aménagement du territoire au lendemain de la seconde guerre mondiale recevait directement du Général de Gaulle l'autorité pour « mettre de l'ordre dans ce désordre », en fait pour mettre fin au développement incontrôlé de l'urbanisation. Il devait proposer les dispositions institutionnelles, urbanistiques et financières, visant à organiser ce développement. Au Maroc, la pression sur les villes est très forte et pour répondre aux besoins de la population, l'Etat a choisi d'œuvrer en amont pour limiter notamment l'exode rural par une politique de l'agriculture novatrice (plan Maroc Vert) et en aval par la construction de villes nouvelles. Mais pour réussir, ce projet appelle à la participation de tous les départements ministériels ce qui devrait renforcer à la fois la capacité d'ouvrage de notre administration mais aussi ses capacités en synergie et en partenariat. C'est le défi premier qui, s'il est relevé, fera de Zenâta dés 2012, un véritable bassin de vie avec des fonctions administratives, tertiaires, commerciales et culturelles qui seraient regroupées aux quartiers d'habitat aux parcs et aux jardins. En somme, une ville à l'échelle humaine où il ferait bon vivre. Source: Le Matin